Céder son entreprise à un salarié : l’anticipation est de mise

La transmission d’une entreprise à un salarié doit être préparée de longue date afin d’identifier le bon repreneur et lui permettre de réunir le capital nécessaire au rachat.

A l’approche de la retraite, Didier Vrac, chef d’entreprise de 65 ans à la tête de l’entreprise Bohin France depuis 1997, aurait pu choisir de vendre son entreprise à un concurrent ou à un ancien cadre en reconversion au meilleur prix. Mais il a choisi, comme 6 % de dirigeants de TPE et de PME*, de céder sa société à l’une de ses salariés. Une décision motivée par la volonté de faire perdurer le savoir-faire et l’âme de cette société de 40 salariés créée en 1833 dans l’Orne. Il faut dire que Bohin France est la dernière entreprise française de fabrication d’aiguilles. Didier Vrac l’a  rachetée en 1997 alors qu’elle était en liquidation judiciaire .

La transmission, une question de feeling

Lorsqu’il s’interroge en 2015 sur la cession de son entreprise, Didier Vrac se tourne comme beaucoup de dirigeants vers la transmission à un tiers. « Un cabinet extérieur m’a présenté huit candidats. Certains voulaient changer de vie, d’autres avaient un certain âge. Mais le feeling n’est pas passé et les projets portés ne m’ont pas convaincu », reconnaît Didier Vrac.

Plusieurs mois après, il décide d’étudier les forces vives internes et le profil d’Audrey Régnier ressort rapidement. « C’est une grosse bosseuse. En six ans, elle a conduit le projet du tourisme industriel et l’ouverture de l’entreprise au public de manière remarquable », confie l’ancien dirigeant. Ce qui l’a également séduit ? Le désir d’Audrey Régnier de conduire le projet de reprise avec son mari Fabien, ancien directeur de banque. « Le cédant doit impérativement avoir confiance en la personne à qui il remet les clefs de son entreprise, commente Nathalie Carré, chargée de mission entrepreneuriat à CCI France. Un dirigeant ne doit pas pour autant rechercher son alter ego. Il doit pouvoir se dire que le repreneur ferait différemment et mieux que lui. »

Le chef d’entreprise doit aussi avoir préparé sa sortie plusieurs mois, voire plusieurs années avant la cession. Pour quitter son entreprise dans les meilleures conditions, Didier Vrac a dès 2015 développé la responsabilisation et l’autonomie des salariés. « Un bon réflexe, estime Nathalie Carré. Plus l’entreprise dépend du patron, moins elle est vendable. Le cédant doit donc veiller à faire monter son personnel en compétence de sorte que sa présence ne soit plus indispensable. »

Rassembler les fonds propres

Une fois le repreneur identifié et la transmission organisée, vient ensuite l’épineuse question du financement. « Un repreneur doit apporter entre 25 et 30 % du financement pour obtenir un emprunt de la part des banques », note Nathalie Carré. Pour le couple Régnier, qui a pris les rênes de Bohin France fin 2017, le processus a été long : plus d’un an pour réunir quelques centaines de milliers d’euros de fonds propres.

Le leverage management buy out (LMBO) leur a également permis de gonfler leurs fonds propres. Cette technique repose sur la création d’un holding, chargé d’acheter l’entreprise cible. C’est cette entreprise qui va s’endetter. L’emprunt contracté est ensuite remboursé par la remontée d’importants dividendes réalisés par la société rachetée. « C’est la solution la plus choisie pour une reprise interne », commente Nathalie Carré, qui conseille, par ailleurs, de solliciter des aides régionales, des prêts d’honneur ou encore Bpifrance. La banque publique d’investissement propose, en effet, un prêt compris entre 40.000 et 650.000 euros au travers du contrat de développement transmission.

Le cédant a également la possibilité d’ accorder au nouveau dirigeant un crédit-vendeur , c’est-à-dire un paiement différé dans le temps d’une partie du montant de la transaction. Pour le repreneur, c’est aussi la garantie que l’ancien propriétaire reste impliqué pour un temps déterminé dans l’affaire. Un signal positif et favorable à la poursuite de l’activité.

* Chiffres 2018 de l’enquête annuelle de CCI France.

Publié par

Patrick Beaujard

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